Rétrospective de la saison 2019-2020 

23 novembre 2019

Concert "Un Monde de Sons"

En ce samedi 23 novembre, c'est l'automne avec son paysage de couleurs chatoyantes, à l'image de ce que sera notre concert de fin d'année. Intitulé « Monde de sons », il réunit à la fois Et Caetera et Hélios, son corollaire, sur un lieu d’accueil inédit, l'Ile l'Aumône de Mantes-la-Jolie. Pour tous, Noël approche, à petits pas de loup, accompagné de sa magie enivrante. On la sent venir, la laissant gagner notre vie, palpable comme un grain de blé. Tous les espoirs sont, sans nul doute, permis. Ce soir, c'est tout un monde de sons rattaché à un riche nuancier qui va sonner en vue des décorations de Noël.

 

Sons et couleurs

 

Une moitié de mandarine, soudainement tombée du ciel, et mise inopinément dans le creux de mes mains, débuta mon Monde de sons et changea pour toujours ma perception. Depuis, j'y ai associé mentalement la couleur aux mots des chansons et à leurs sons et vice-versa. La magie de ces trois ingrédients entrelacés n'était plus, dès lors, dans mon esprit, qu'indissociablement liée et c'est la belle couleur orange du fruit de saison qui exhale des parfums qui nous cajolent qui en donna le coup d'envoi. A partir de cet instant, tous ces mots et tous ces sons dansèrent devant mes yeux en une ronde de couleurs ! Ils se mélangèrent, car je suis un pêle-mêle, harmonisés comme celles de l'arc en ciel, pour donner un triptyque de couleurs-mots-sons faisant écho entre eux, à l'instar de notre chorale dont le reflet se trouvait en miroir, sur les vitres au fond devant nous. Cette transcendance a donné une esquisse colorée digne des tubes de Matisse ou Chagall.

 

Le noir de nos capes, rappelant l'Outrenoir de Pierre Soulages ou le Black Friday c'est selon, frappe noir et fort pour cette première partie de spectacle, caractérisant ainsi le premier set de notre représentation, lançant "Game of Thrones" et "Le diable ne s'habille plus en Prada". Le ton est donné, mi sombre, mi clair. Mais le blanc fait son apparition avec "Tout va bien" et "Enjoy the silence" à la fois en guise de contraste et d'association avec le noir. Ces quatre chants réunissent bien toutes ces valeurs qui montrent et dénoncent leur antinomie sous toutes ses formes, et qui éclatent sous des noirs et blancs aux mille nuances. "Tout va bien" est assurément un euphémisme, d'où cette clarté qui brille dans le noir, mais cette couleur qui, au final, n'en est pas vraiment une, car nimbée, malgré tout, d'une imperceptible lumière, laisse place à la sobriété du noir et blanc, pour essayer, dans ce contexte, de faire endormir un enfant - son enfant - en douceur. C’est aussi, à l'instar du film "La vie est belle", raconter pour soi, puisque personne n'écoute, l'histoire glaciale des violences conjugales et le calvaire des femmes battues qui se répète inlassablement de jour en jour, au moment même où ces drames font l'objet d'un grenelle en cours. Ce noir ébène sur blanc, sobre, sans aucun bijou notoire ni ostentatoire, s'est révélé d'une grande force pour montrer notamment que le silence peut se suffire à lui-même.

Le concert progresse, s'agrémentant de bijoux, de plumes, de diadèmes ou de gants qui voient le jour pour parler d'amour avec "L'amour en solitaire", romance contemporaine. On se la joue, mais pas que melo. On n'est pas loin de Paul et Virginie ou de Roméo et Juliette, les deux versants mêlés : la feinte et l'aveu. Le blanc chatoyant des perles de colliers, ou le noir sobre des robes ou des chapeaux, donne ce ton chic et choc des années folles. Quant au Medley "Je t'aime moi non plus", un euphémisme aussi, ces couleurs antinomiques n'ont jamais été aussi éclatantes. "Ok tu t'en vas" est alors chanté par "Les Plus Pitres", l'humour au premier plan comme exorcisme de nos expériences douloureuses. S'ensuit l'entraînant "Tout va bien" qui irradie avec son amour fou.  Puis le notoire "Vous m'emmerdez" pour parler de tolérance vis-à-vis de l'intolérance car, "Vous m'emmerdez" …c'est du pareil au "Même" … qui, lui, peut s'apparenter avec "La même" mais avec d'autres nuances subtiles tout de même. Et pour finir, notre première partie s'achève sur "A nos actes manqués" qui immanquablement nous rappelle Orange, sur lequel, grâce au recul des années, on danse avec plaisir sur tous nos échecs sous les couleurs vives des Antilles.

 

La deuxième partie s'ouvre sur "Monde de sons", titre éponyme de notre spectacle. Enfin libérée, la mélodie caracol' à l'égal de nos couleurs brillantes. Les couleurs sont à l'honneur, toutes les couleurs de l'arc en ciel pour parler cette fois-ci d'un monde tout en nuances puis d'un monde qu'il faut éclairer avec "Rallumeurs d'étoiles", à l'instar de la flamme du soldat inconnu qui brille, elle, en permanence, sous l'Arc de Triomphe. Comme sur un gâteau d'anniversaire, on a envie d'allumer des bougies et une fois soufflées, on a toujours envie de les rallumer, encore et encore. La sensualité s'invite avec "Havana", qui parle de l'attachement à son pays d'origine. "Viens", déjà paré de bleu puis "F.O.R.T." démontrant l'union qui fait la force. "Bleu" ! Ce fameux bleu qui m'a rendue fo-olle ! Arrêt sur image … Véritable dilemme qui me hanta sans trêve jusqu'au concert. Être bleue ou ne pas être ? Telle était … ou est encore la question … "Solo je fais naufrage". Tout comme Picasso, Et Caetera a eu sa période bleue ! Tout ce bleu avait maintenant une cohérence. Je me sentais légère, comme sur un nuage … bleu. Le concert pouvait dès lors, assurément avoir lieu ! "Bleu", une auréole de tendresse, une aura d'ivresse, arrive enfin et ouvre le bal avec un camaïeu révélé par "Les Des si belles", une chanson-poésie pour découvrir éblouie "Le grand bleu". C'est le bleu Klein, certainement l'azur Et Caetérien, ou alors le bleu Majorelle, teintant mon collier. Le bleu Nattier colore, quant à lui, notre prestation et inviterait à la jonction entre un monde de sons, d'étoiles et d'idéal. Il est l'essence de la fin de notre deuxième partie de concert dès "Viens". Bleu de mille teintes, suivi judicieusement de "Julie la petite Olive". Le vert Véronèse domine, un vert jaune empreint de lumière.

 

Le final enchaine avec "Un, Deux, Trois" qui trouve son fil conducteur sur le "Medley Rock'n'roll" composé de "J'ai vu" et de "Ça c'est vraiment toi" (en effet, je ne vois pas comment il peut en être autrement) entrecoupé de "I love rock'n roll", phrase mythique, pour terminer là-dessus car, avec notre chorale, c'est toujours la gaieté qui reprend le dessus. Yes, "I love rock'n roll" mais est précédé par "Le jerk" qui peut se targuer de faire danser petits et grands. Un moment singulier où le tee-shirt que nous arborons décline exactement la tonalité de l’instant : Hexagone coloré de bleu, vert, jaune, rouge et violet, clé de sol blanche sur fond noir et toutes les nuances bleutées de nos jeans, montrant ainsi une autre envergure d'Et Caetera, une facette rock faisant honneur à Salvatore et à son groupe de musiciens. 

 

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent,

Les Fleurs du Mal, Correspondances,

Charles Baudelaire.

05 au 06 octobre 2019

Week-end d'intégration au Mont St-Michel

LE MONT ST-MICHEL

 

Ma première rencontre avec toi s'est faite lorsque j'avais 8 ans ouhhhhhh !!! Puis quelques années plus tard, je suis venue te voir à plusieurs reprises, en famille, mais toujours véhiculée. 
Depuis de nombreuses années, lors de mes escapades bretonnes, au détour de la route, je guette ton profil à l'horizon. Souvent tu te caches dans le brouillard ou derrière un rideau de pluie, mais quelquefois tu apparais ensoleillé toujours majestueux. Tu donnes l'impression d'être planté au milieu de la campagne et tu sembles inaccessible. 

Combien de fois j'ai vu la pancarte imagée de marcheurs allant vers toi et combien de fois je me suis dit : " comme j'aimerai faire cette randonnée dans la baie…. "

Et voilà que des Et Caetériens, me proposent de traverser la baie vers ta petite sœur Tombelaine. Je saute sur l'occasion, et alors, je me retrouve mêlée à une bande d'extraterrestres, d'illuminés, des fous !!! oh oui des fous !!! que nous étions ce 5 octobre 2019, affichant le rose pour bannière. 
Nous voilà pataugeant dans la boue, glissant, riant, se tenant par la main, éclaboussés de partout, certains ont même failli prendre un bain ; avec pour objectif atteindre Tombelaine. 
Ce qui fut fait, sous la houlette de Didier notre super guide.

Quant à notre retour sur la terre ferme, tout à coup, une idée nous a traversé l'esprit, était-ce toi qui, de ta superbe, nous avais charmé ou la fatigue et la faim, je ne sais pas, mais en tout cas nous avons eu une envie soudaine de rendre hommage à "Julie la petite olive", la pauvre, je crois qu'elle n'a jamais été autant amochée, mais le chœur et les cœurs battaient à l'unisson.

Merci ET CAETERA pour m'avoir permis de réaliser cette traversée de la baie.